Archive pour 4 novembre, 2009

Trois jours en alpage 3 énorme bêtise

Mots-clé : irresponsable, jeune, chûte de pierre, pente

Après ce long moment plat des pâturages des Portes de Longon, vint la descente un peu ébouleuse, sur l’ancien hameau de granges de Vignols : un presque village d’environ 100 granges quasi toutes abandonnées et ruinées sauf les plus proches de la chapelle Ste Madeleine. On entendait le bruit d’une bétonneuse (le son porte loin en montant en montagne) et il se disait que 2 ou 3 fous belges ou monégasques (de Monaco) avaient racheté tout le hameau pour le restaurer, malgré l’absence de chemin carrossable, hormis une mauvaise piste de 10 km ouverte aux seules vraies jeeps et encore. Notre itinéraire, qui empruntait à cet endroit le sentier de Grande Randonnée GR5 de Nice à la Hollande, évitait les granges proprement dites, qui ne nous intéressaient donc pas. Encore que si on nous en avait cédé une pour pas cher on aurait été intéressé pour la retaper, paumées commes elles l’étaient (à l’époque les villages de la Tinée et ceux du Cians n’étaient pas encore reliés entre eux par la route)

Vignols Balma

Le hameau de Vignols en 2007 et la Balma di Fiero vus depuis le GR5

Qui aurait pu penser que 38 ans plus tard nous sommes passés à deux doigts de nous décider à en racheter une intacte de ces granges, Tine et moi, arrêtés seulement par la tâtillone bureaucratie protectrice de la zone centrale du Parc National qui obligeait à creuser pour les canalisations à plus de deux mètres de profondeur par une entreprise agréée. Et aussi le fait que pour la réfection de toiture, obligatoirement bardeaux de mélèze, il fallait reprendre la charpente avec des poutres de 9 m de long, non manipulables seul, que la structure devait pouvoir résister aux 8 m de neige qui s’accumulent durant 6 mois, obligeant aussi durant ces six mois au seul accès raquettes. Beaucoup d’inconvénients face à l’avantage du badge autorisant à circuler en voiture ou moto en zone centrale protégée.

 

Mais je m’égare par rapport à mon histoire. Quittons 2004 et revenons en 1967.

Laissant de côté hameau, falaises et balma di buo (grotte des boeufs) et la balma di Fiero (grotte de ???), aménagées et utilisées encore, même maintenant comme bergeries, nous grimpons longuement sous les barres sud du Mounier pour atteindre le col de Moulines et de là, délaissant le GR5, emprunter interminablement l’ancienne piste stratégique à flanc jusqu’au col de l’Espaul, sous les barres du Dément. Longue marche facile qui en 5 heures depuis Vignols nous amènera à la station de ski de Valberg au dessus de laquelle nous avons prévu de coucher. Cette journée de presque 9 heures de marche présentait l’avantage d’un faible dénivellé. Et, hormis le fusil et le crâne du bélier, les sacs s’allégeaient au fur et à mesure de la bouffe et du gaz consommés. Nous consommions beaucoup de gaz pour faire chauffer les repas car, malgré le pare-flamme protecteur vis à vis du vent, le butane n’est pas très efficace pour chauffer en altitude (il n’existait pas encore les cartouches actuelles de butane-propane plus efficaces).

Sur ce large chemin presque carrossable et plutôt plat depuis le col de Moulines,  surplombant des alpages déforestés et fortement érodés par surpâturage traditionnel, nous marchions à trois de front, parlant en permanence, echafaudant moultes plans d’enfer aussi vite oubliés qu’émis. Après un arrêt pipi mémorable par un concours à celui qui pisserait le plus loin, (c’est Barrette qu’a gagné car c’est lui qui buvait le plus, donc qu’avait le plus de réserve pensions nous), vint le moment d’une de nos plus grosses conneries d’ado.

LE concours : à celui qui ferait rouler la plus grosse pierre le plus loin possible dans la pente de ce champ de tir (c’était sur les cartes et puis on avait vérifié avant qu’on entendait pas de troupeau au dessous). Chacun à déplacé un rocher de 80 kilos environ, du talus où il y en avait pleins d’éboulés, vers le bord de la piste et là, hop ! Une grosse poussée…

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A cet endroit, actuellement pente école de parapente et de delta, le dénivellé possible pour pierre qui roule sans amasser mousse est de plus de 300 mètres. Notre secret espoir était de voir les rochers atteindre le fond du vallon et remonter un peu en face.

grosse bêtise

La pierre de Barrette nous a surpris : au lieu de rouler, elle a très rapidement fait des bonds de plus en plus longs, de plus de 20 mètres, puis en atterrissant sur un petit promontoire, explosé en milliers de graviers.

La mienne a commencé par bien rouler, puis a fait un rebond prodigieux qui l’a propulsé bien au dessus du promontoire derrière lequel elle a disparu, on l’a entendu rebondir une fois puis plus rien.

Celle de Big, qui devait bien faire 20 kg de plus que les notres, a tout de suite fait des rebonds prodigieux entraînant dans sa folle course plusieurs autres énormes rochers, et, passé le promontoire, nous avons encore longuement entendu des bruits de cascade de pierres, comme lorsque nous courrions tout droit dans les pierriers d’éboulis, puis cela s’est calmé et nous avons vu rouler tout doucement deux grosses pierres jusqu’à quelques mètres du torrent à sec du fond du vallon, sans l’atteindre. Mais il avait gagné.

Bon, intuitivement, nous avions quand même l’impression d’avoir fait une grosse bêtise, car nous savions bien qu’en montagne on ne fait jamais rouler un caillou, même par maladresse, il peut toujours y avoir bêtes ou gens au dessous, alors nous avons pressé le pas, nous éloignant un peu honteux du lieu de notre forfait.

Je suis repassé environ 25 ans plus tard au fond de ce vallon sec, que j’ai baptisé vallon de la soif, car j’avais sous estimé la durée de la ballade avec nos bébés sur dos, Tine et moi, et que du coup nous avons manqué d’eau pour les bouchons. Eh bien, en fait, de nombreux indigènes faisaient comme nous avions fait, mais pas avec des rochers de 80 kilos. Avec des frigos et des congèles, et aussi avec des épaves de voitures, de camions et même un bull ! De plus, j’ai vu faire les équipes de volontaires pour dégager la piste au sortir de l’hiver de tous les rochers éboulés : hop, une poussée et dans la pente après avoir crié « timmmber » ! Y compris des élus municipaux et des fonctionnaires territoriaux…. Et pas sur cette seule commune.

Le bien, le mal…

(à suivre)

Au fait, faut que je pense aux plus jeunes. Allez 2008

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Edit > L’observation attentive et comparée des deux extraits montre, outre la tendance version longue des morceaux actuels, et l’évidente supériorité de cette génération qui se bonifie avec l’âge * hum hum, là, tousse *, la différence sans discussion possible : Les filles de 1966 (c’est la date de la song) étaient sages. alors que les actuelles…………

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