Trois jours en alpage 3 énorme bêtise

Mots-clé : irresponsable, jeune, chûte de pierre, pente

Après ce long moment plat des pâturages des Portes de Longon, vint la descente un peu ébouleuse, sur l’ancien hameau de granges de Vignols : un presque village d’environ 100 granges quasi toutes abandonnées et ruinées sauf les plus proches de la chapelle Ste Madeleine. On entendait le bruit d’une bétonneuse (le son porte loin en montant en montagne) et il se disait que 2 ou 3 fous belges ou monégasques (de Monaco) avaient racheté tout le hameau pour le restaurer, malgré l’absence de chemin carrossable, hormis une mauvaise piste de 10 km ouverte aux seules vraies jeeps et encore. Notre itinéraire, qui empruntait à cet endroit le sentier de Grande Randonnée GR5 de Nice à la Hollande, évitait les granges proprement dites, qui ne nous intéressaient donc pas. Encore que si on nous en avait cédé une pour pas cher on aurait été intéressé pour la retaper, paumées commes elles l’étaient (à l’époque les villages de la Tinée et ceux du Cians n’étaient pas encore reliés entre eux par la route)

Vignols Balma

Le hameau de Vignols en 2007 et la Balma di Fiero vus depuis le GR5

Qui aurait pu penser que 38 ans plus tard nous sommes passés à deux doigts de nous décider à en racheter une intacte de ces granges, Tine et moi, arrêtés seulement par la tâtillone bureaucratie protectrice de la zone centrale du Parc National qui obligeait à creuser pour les canalisations à plus de deux mètres de profondeur par une entreprise agréée. Et aussi le fait que pour la réfection de toiture, obligatoirement bardeaux de mélèze, il fallait reprendre la charpente avec des poutres de 9 m de long, non manipulables seul, que la structure devait pouvoir résister aux 8 m de neige qui s’accumulent durant 6 mois, obligeant aussi durant ces six mois au seul accès raquettes. Beaucoup d’inconvénients face à l’avantage du badge autorisant à circuler en voiture ou moto en zone centrale protégée.

 

Mais je m’égare par rapport à mon histoire. Quittons 2004 et revenons en 1967.

Laissant de côté hameau, falaises et balma di buo (grotte des boeufs) et la balma di Fiero (grotte de ???), aménagées et utilisées encore, même maintenant comme bergeries, nous grimpons longuement sous les barres sud du Mounier pour atteindre le col de Moulines et de là, délaissant le GR5, emprunter interminablement l’ancienne piste stratégique à flanc jusqu’au col de l’Espaul, sous les barres du Dément. Longue marche facile qui en 5 heures depuis Vignols nous amènera à la station de ski de Valberg au dessus de laquelle nous avons prévu de coucher. Cette journée de presque 9 heures de marche présentait l’avantage d’un faible dénivellé. Et, hormis le fusil et le crâne du bélier, les sacs s’allégeaient au fur et à mesure de la bouffe et du gaz consommés. Nous consommions beaucoup de gaz pour faire chauffer les repas car, malgré le pare-flamme protecteur vis à vis du vent, le butane n’est pas très efficace pour chauffer en altitude (il n’existait pas encore les cartouches actuelles de butane-propane plus efficaces).

Sur ce large chemin presque carrossable et plutôt plat depuis le col de Moulines,  surplombant des alpages déforestés et fortement érodés par surpâturage traditionnel, nous marchions à trois de front, parlant en permanence, echafaudant moultes plans d’enfer aussi vite oubliés qu’émis. Après un arrêt pipi mémorable par un concours à celui qui pisserait le plus loin, (c’est Barrette qu’a gagné car c’est lui qui buvait le plus, donc qu’avait le plus de réserve pensions nous), vint le moment d’une de nos plus grosses conneries d’ado.

LE concours : à celui qui ferait rouler la plus grosse pierre le plus loin possible dans la pente de ce champ de tir (c’était sur les cartes et puis on avait vérifié avant qu’on entendait pas de troupeau au dessous). Chacun à déplacé un rocher de 80 kilos environ, du talus où il y en avait pleins d’éboulés, vers le bord de la piste et là, hop ! Une grosse poussée…

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A cet endroit, actuellement pente école de parapente et de delta, le dénivellé possible pour pierre qui roule sans amasser mousse est de plus de 300 mètres. Notre secret espoir était de voir les rochers atteindre le fond du vallon et remonter un peu en face.

grosse bêtise

La pierre de Barrette nous a surpris : au lieu de rouler, elle a très rapidement fait des bonds de plus en plus longs, de plus de 20 mètres, puis en atterrissant sur un petit promontoire, explosé en milliers de graviers.

La mienne a commencé par bien rouler, puis a fait un rebond prodigieux qui l’a propulsé bien au dessus du promontoire derrière lequel elle a disparu, on l’a entendu rebondir une fois puis plus rien.

Celle de Big, qui devait bien faire 20 kg de plus que les notres, a tout de suite fait des rebonds prodigieux entraînant dans sa folle course plusieurs autres énormes rochers, et, passé le promontoire, nous avons encore longuement entendu des bruits de cascade de pierres, comme lorsque nous courrions tout droit dans les pierriers d’éboulis, puis cela s’est calmé et nous avons vu rouler tout doucement deux grosses pierres jusqu’à quelques mètres du torrent à sec du fond du vallon, sans l’atteindre. Mais il avait gagné.

Bon, intuitivement, nous avions quand même l’impression d’avoir fait une grosse bêtise, car nous savions bien qu’en montagne on ne fait jamais rouler un caillou, même par maladresse, il peut toujours y avoir bêtes ou gens au dessous, alors nous avons pressé le pas, nous éloignant un peu honteux du lieu de notre forfait.

Je suis repassé environ 25 ans plus tard au fond de ce vallon sec, que j’ai baptisé vallon de la soif, car j’avais sous estimé la durée de la ballade avec nos bébés sur dos, Tine et moi, et que du coup nous avons manqué d’eau pour les bouchons. Eh bien, en fait, de nombreux indigènes faisaient comme nous avions fait, mais pas avec des rochers de 80 kilos. Avec des frigos et des congèles, et aussi avec des épaves de voitures, de camions et même un bull ! De plus, j’ai vu faire les équipes de volontaires pour dégager la piste au sortir de l’hiver de tous les rochers éboulés : hop, une poussée et dans la pente après avoir crié « timmmber » ! Y compris des élus municipaux et des fonctionnaires territoriaux…. Et pas sur cette seule commune.

Le bien, le mal…

(à suivre)

Au fait, faut que je pense aux plus jeunes. Allez 2008

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Edit > L’observation attentive et comparée des deux extraits montre, outre la tendance version longue des morceaux actuels, et l’évidente supériorité de cette génération qui se bonifie avec l’âge * hum hum, là, tousse *, la différence sans discussion possible : Les filles de 1966 (c’est la date de la song) étaient sages. alors que les actuelles…………

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6 commentaires

  1. farandoles dit :

    Bonjour Mariuss ,je viens de lire la suite de votre épopée : comme tu le précises un risque qu’il y ai des animaux ou des personnes en bas …Autrement pour vous c’était la belle aventure mais rien de méchant
    du moins pour le moment ( sourire ) je vais attendre la suite afin de savoir si il y a eu de grosses bêtises mais là c’est tout gentillet ,des ados plutôt sympa :-)

    Je lis que les filles de 1966 étaient ‘ sages ‘ ( grand sourire ) .
    Au passage je précise que je ne connais pas du tout le montagne même à ce jour ou je vais avoir 57 ans ( la lala ).

    Un bon moment avec toi ce matin Waiii !!.

    Bonne journée à plus tard Mariuss .
    Bisous .Marie

  2. eurekasophie dit :

    Ah, ces petits jeunes inconscients ! T’en as fait de belles dis moi ! Et si j’étais passée en contrebas au moment où la pierre a dévaler la pente hein ???????? Y’aurais plus de Sophie! Bon bref , Pierre qui roule ça m’a jamais emballé des masses..même en 66 .J’avais 12 ans , j’étions plutôt tournée vers …quest-ce-que j’écoutais à 12 ans tiens ? Bref passons! J’attends la suite comme les autres. Mais tu devrais écrire tes mémoires, enfin, c’est p’t'être un peu tôt quand mêmeuuuuuuuu , mais tu as un beau talent de conteur. C’est tout simplement Mariussissime ( voir chez Arsène pour l’adjectif) lol!
    Bonne journée l’artiste
    Bisous
    Sophie

  3. mariuss dit :

    farandoles > je sors de cours, je vais me faire chauffer le lapin avec la polenta.

    Ben oui, tu regardes le public féminin qui apparait un bref instant en 66 sur la première vidéo, tu vois des filles en jupe plissée corsage qui esquisse un tout petit pas de danse, alors que tu regardes les groopies de 2008, de vrais hystériques, lol.

    Maintenant sages en 66, veut pas dire sage en 67. Il me semble me souvenir de minettes de 15 ans au ski plus que délurées en boite, à la Noël 67.

    D’autres grosses bêtises ? celle-là te suffit pas ? Non, ya eu des gags dont tu va avoir un aperçu, mais pas de bêtises.

  4. mariuss dit :

    Sophie > oui, inconcients, oh certes on a vérifié que sur le sentier au fond du vallon du Cians, personne ne se pointait, on a bien écouté pour l’absence de sonnaille, mais tout de même.

    Moi non plus je n’écoutait pas les Stones. Et on a connu Inagadadavida que l’année d’après, même si Barrette était plus branché Rock, Beatles et Stones.

    Conter cela en un livre ? qui tu veux que cela intéresse, à part quelques « jeunes » de notre génération qui idéalisent le bon temps de leurs jeunes années ? Bah, je lutte contre la perte de mémoire de mes lecteurs et lectrices.

  5. farandoles dit :

    Nous en revenons à ce que je disais avant j’étais vraiment sage ,les délurées du style de la vidéo pas moi du tout .

    Ma première sortie et pas en boîte j’avais 19 ans en plus pour connaitre le premier garçon qui est le papa de mon fils ,mais ce jour dommage que je ne me sois pas cassée une patte ou même les 2 ( sourire )la plus grosse bêtise de ma prime jeunesse , SI SI …..

    Quand à la musique pour moi c’était les Beatles mais je n’ai jamais placardé les murs de posters ni poussé des cris d’hystéries .

    à bientôt pour la suite de tes épopées .

    A quoi je rêve ( sur mon blog ) !! de faire un voyage à 6000 km que je faisais tous les ans depuis maintenant ( le dernier ) 30 ans pfff ( gros soupire ).
    Bisous .Marie

  6. mariuss dit :

    farandoles > Un voyage lointain ? Tu nous raconteras ?

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