Archive pour 10 décembre, 2009

coloc dans un monde de brutes

Mots-clé : l’avenir de la planète, avancée cruciale, science et société

Ce que j’aime bien dans les retombées de la recherche scientifique sur le développement durable, c’est que c’est parlant à l’écocitoyen de base. Vu le monde de ouf dans lequel nous vivons, heureusement qu’il y a des chercheurs, sans çela vous imaginez dans quelle mierde nous serions ?

brute et colloque

On peine à croire que nous puissions cracher tant de CO2 et péter à tout vent en ignorant de telles choses.

Merci Copenhague. Battez-vous, étripez vous, nous on dépense vos sous.. Par exemple, en colloques..

Documentation : iddri clés pour les enjeux

séparateur bleu mince

Edit > Je m’aperçois qu’il y a eu infléchissement net de mon blog : les tags « les zamis » et « cimes du Mercantour » ont nettement pris le dessus sur « Tine » et « mariuss ».

Et pis que sur mon dessin, la table j’ai oublié le quatrième pied et la chaise, lol

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les biassa (les carniers les besaces)

Mots-clé : l’abus d’alcool est dangereux, à consommer avec modération

Je vous ai pas encore parlé des biassa (=carniers). Car, tous, en bandoulière sur leur tenue de chasse en velours brun foncé, en avaient une, sauf moi, lou pitcho, que j’avais que la besace que m’avait fait le Féraut, l’oncle Sébastien de Péone, mon parrain, dans un épais et ancien morceau de drap de chanvre bruni par les années passées à protéger le dos de la mule en sueur quand elle nous avait aidé à rentrer los barilhons de foin (=grosse boule de foin coincé dans un assemblage de corde formant un filet lâche et de deux pièces de bois, los tirant portant nos initiales) début juillet

attacher un barilhon

mulet chargé de deux barilhons de foin

Documentation : préparation et attache d’un barilhon et mule ou mulet chargé de deux barilhons de foin avec l’Odette

ou aller porter le bat de fumier sur la prairie de fauche début avril. Avec un restant de sangle de harnais solidement cousu sur cet épais tissu indéchirable cela me faisait une besace pour aller à l’école les six mois où on était obligé d’y aller. Dans cette besace un peu minable mais très solide, je serrais une bûche chaque matin, pour la maîtresse, mon quignon de pain et deux échalotes, deux figues et une de ses poires dures mais savoureuses que donnait en décembre le vieux poirier derrière l’aire (=surface dallée où on battait le blé avec le fléau ou en piétinant avec la vache) et qui se conservaient si bien tout l’hiver, posées dans le séchoir au dessus du fenil, étalées aux quatre coins barrés par une planche de méle (=mélèze)

L’odeur des pommes, de ces poires, des coings et des châtaignes, tombait dans le réduit qui nous servait de chambre à moi et Amédée, passant par les interstices des épaisses planches de mele disjointes formant le plafond de chez nous et le plancher de la fruitière. Des fois, un loir faisait la sarabande en septembre, avant qu’il n’y ait les fruits, et les chats, et alors de la poussière d’or dansait dans le rayon de soleil qui se glissait entre les grosses pierres du mur, où on n’avait pas trop forcé sur la chaux….

Ho ! Aimé, tu nous racontais les biasses et la tranche.

Vouaï, je me souviens maintenant, faut dire que j’ai plus toute ma tête et la Paule elle me dit que je rapiépiète un peu.

les nemrods

Alors voui, les biassa, ils étaient gonflés et pas comme ma besace où je serrais mon trésor : le couteau de berger du Firmin, avec la pointe cassée et les anneaux gravés sur le manche pour compter, le lance-pierres avec l’élastique en chambre à air de vélo, les deux billes de roulement à billes, la pépite de cuivre rouge natif que Sébastien il m’avait ramené de l’ancienne mine de Cerisier dans le Barrot à la Croix et le caillou de malachite (=minerai de cuivre vert vif) que j’avais trouvé dans le travers-banc du Pitaffe de quand ils avaient extrait de la propriété de l’Agathe Baylon,chez nos ennemis de Roure, 40 tonnes de minerai de cuivre qu’ils ont envoyé là haut, à Givet, à la Compagnie Française des Métaux en 1922… Ca en faisait du travail pour les hommes l’hiver…

mine de cuivre du Cerisier 1870

Documentation : Mine de cuivre du Cerisier vers 1870, abandonnée après 18881

Aiiimé ! Les biassa et la tranche !

Ah voui, les carniers, ben en plus des cols qu’on voyait dépasser de chacun, le Calixte Car et le Marcel Bellieud déballèrent le miou (=meilleur) d‘une poche latérale, avé un bouchon de liège, un bocal où des pruneaux fripés essayaient de se regonfler au marc, le jambon salé, les olives noires, les olives vertes cassées et le fromage de bique et puis l’apéritif au vin de sauge, romarin frais de Marie ou de la Bollinette, vin rosé, vin blanc, vin rouge, fiole de goutte et le traditionnel bouteillon de fine. .Entre les oucellous, les deux grosses miches cuites comme tous les quinze jours lors de notre tour à nous les Donadio, au four communal, et qu’on se les marquait avec la marque en buis, une croix dans un rond, avec un petit rond dans chaque quartier, comme nos campagnes autour du village, une dans chaque quartier de granges, une à Charelle, une à Lavalle, une aux Buisses (ho, mossieur Roux, pour pas faire parigot de Paris faut dire Buissèss) et celle du vallon de Falcoun où se passe l’histoire. Bref, la table était suffisemment garnie pour une ripaille à douze durant une semaine.

intérieur pour un repas de fête ou de chasse marque en buis pour le pain

Documentation : ripaille pour douze à Péone  et marque en buis pour le pain diam 4 cm

Avec son parler pointu de moustelle, Roux nous dit : dans ma carte, j’avais glissé çà, c’est du poiré (sorte de cidre de poire, assez apre)  de ma famille à Jumièges, où il nous reste un peu des vergers, et un peu de Calva à 94°, parce que le grand-père il a droit qu’à 100° mais il dit toujours qu’il a pas appris à compter et que peut-être bien que 70 bouteilles à 45° degrés, si on décompte la part des anges, ça fait 100° peut être pas, en tout cas celle là, comme les 69 autres il l’a faite à 94° comme ça même s’il s’en évapore un peu, on sent encore bien le goût, et jamais personne il est allé s’en plaindre aux contributions!

Donc, Fortuné, après avoir recompté cinq fois sur les doigts, aidé par le Calixte et le Marcel, vingt quatre rigous plus cinq grives, cela fait bien 30 oucellous, donc une tranche de pain  par oucellou, 30 tranches de pain à couper.

Mossieur Roux avait bien tenté de protester, mais Fortuné un peu enveriné (=énervé) l’avait rembarré « le parisien sentimental, ouste ! Au travail ! Il fait ce qu’on lui a dit de faire et en plus il va manier le bouffe (=soufflet pour le feu, équivalent du bouffadou cévenol ou auvergnat, mais que je n’ai jamais croisé dans le haut-pays, seulement de plus modernes soufflets bois et cuir)  

La suite de cette histoire dans le post « les tranches »

 

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Edit > Les habitants de Beuil dont on a un peu brulé les granges et violé les filles ya 400 ans, disent de nos hommes qu’il y en a de deux sortes : Ceux dont les bras sont trop courts pour pisser, et à l’inverse, ceux qu’ont pas besoin de se baisser pour se gratter sous les genoux, mais que des fois c’est à droite, des fois c’est à senestre ! (voir dessin de la photo des nemrods) D’après moi, il subsiste un litige entre les deux villages, lol

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tag histoires

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