Flocon et le train

Mots-clé : parfois la distance entre bonheur et son inverse est très faible.

C’ést l’histoire d’une petite fille dans un train.

C’était un long voyage vers elle ne savait où.

Quand elle était montée dans ce train, avec ses parents, ses sœurs, on lui avait dit d’être gentille parce que le voyage serait long, et que parfois le train n’allait pas exactement où on pensait qu’il devait aller.

Mais cela ne lui posa pas de problème car de toute façon elle était gentille.


Dans son wagon, elle rêvait, une petite musique dans la tête et des étoiles plein les yeux pendant que le train filait vers des royaumes ensoleillés au travers d’une nuit complice.


Et puis elle découvrit des lions et des éléphants, et des girafes aussi sous le soleil.


Son papa avait été obligé de descendre à une petite gare pour régler une affaire urgente, ses sœurs jouaient moins souvent avec elle dans son wagon, occupées qu’elles étaient avec leur panoplie de docteur pour l’une et pour l’autre une panoplie sûrement tout aussi importante mais cette andouille de train, dans sa folle course, a oublié de me dire ce que c’était.

De toute façon, cela n’avait pas d’importance, car la petite fille s’amusait bien dans son wagon, mieux que si elle avait été sur les petits nuages blancs et un peu bleu et rose qui floconaient pendant que le train continuait son voyage.


La petite fille avait de plus en plus de paillettes dans les yeux, et la petite musique dans sa tête était de plus en plus présente… Car là-bas, au milieu des éléphants et des girafes elle avait récupéré un trésor. Et elle chantonnait pour ce trésor, même si elle s’était rendu compte que cet andouille de train volage avait changé de direction.

Mais la petite fille s’en moquait car de nouvelles étoiles brillaient dans ses yeux. Jamais autant de myriades d’étoiles et de paillettes n’avaient brillé dans les yeux d’une petite fille se disaient les autres passagers du train.


La petite fille était la seule à entendre la musique dans sa tête si forte, si pure, si cristalline. Et son rire tintait faisant écho à la musique dans sa tête et rehaussant les étoiles et paillettes dans ses yeux. Il n’y avait plus de nuit, plus de jour, plus d’andouille de train divagant. Il y avait… le doudou qu’elle avait trouvé dans un wagon voisin. C’était le plus beau des doudous. Celui dont rêvent toutes les petites filles. Et ce doudou lui avait offert un autre trésor.


Et maintenant dans leur wagon, on ne voyait qu’eux : la petite fille avec sa musique dans la tête, ses étoiles et paillettes dans les yeux, son doudou et ses deux trésors.



Et cet andouille de train a du emprunter bien trop vite une voie où les rails étaient mal boulonnés.


Un cahot imprévu, et le doudou s’est envolé par la fenêtre vers les lourds nuages noirs. Le train dit qu’il n’y était pour rien, que c’est un sorcier qui a envoyé au vent un maléfice.


Quoiqu’il en fut, Flocon restait juste avec ses deux trésors et la musique et les paillettes s’étaient envolées, les étoiles ne se voyaient plus au dessus de cet andouille de train qui continuait sa course sous les nuées noires et sombres secouées par le tonnerre. Flocon pleurait…


Vint le contrôleur, un méchant homme qui prétendait que Flocon n’avait pas son billet. Dans le wagon, on ne voyait plus qu’une petite fille triste serrant contre elle très fort ses deux trésors et dont le regard se perdait dans les nuages.

 


Je n’ai jamais su la fin de l’histoire, cet andouille de train ne s’intéresse pas à ses voyageurs.


J’ai entendu dire, mais on dit tellement de choses, que la petite fille était toujours dans le train, que le contrôleur aurait accepté d’attendre l’arrêt suivant pour lui réclamer son billet, que des voyageurs se seraient cotisés pour réunir des piécettes, que sa maman lui aurait fait parvenir une bourse avec d’autres piécettes, que Flocon aurait fait rire des enfants pour prolonger son billet, qu’un vieux voyageur lui aurait remis quelques paillettes dans les yeux avant de descendre à l’arrêt suivant. Mais je le répète, le vent emporte tellement d’histoires que dans ce train on n’entend pas grand chose, à la fois tout et rien.

 


Alors je vais tenter de finir l’histoire à mon idée. Moi je crois que Flocon est toujours dans le train.


Avec ses deux trésors serrés contre elle. Et un doudou, oh pas SON doudou, mais un doudou, et dans ses yeux il y a encore des paillettes et des étoiles, et dans sa tête il y a toujours la petite musique, et l’on entend toujours les petites notes cristallines tinter lorsque coule son rire. Et parfois elle rencontre encore son doudou, dans un nuage ou la nuit, car en fait il est toujours là, caché.

 

Je dédie cette histoire à V.

 

Et lorsque j’ai écrit cette histoire j’ai pleuré, trop pour faire un dessin, car mes larmes mouillaient le papier

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22 commentaires

  1. paty dit :

    Ben moi aussi j’ai le larmes aux yeux c’est malin ça ….

  2. mariuss dit :

    Paty > C’est normal, c’est une histoire vraie.

  3. farandoles dit :

    Alors à la page précédente je riais …..maintenant je pleure ….

  4. mariuss dit :

    farandoles >Moi aussi, tout aussi vieux que je sois, je pleure quand je tiens la main de la petite fille.

  5. francis02 dit :

    très émouvant oui
    bonne journée

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  6. farandoles dit :

    Bonjour Mariuss , J’avais reconnu hier dans ton histoire vraie la personne mais c’est tellement triste ,injuste et comme je l’ai posté sur ton com chez moi une petite fille de 12 ans dans ma famille est décédée dans un accident alors forcément les deux histoires m’ont remuée sérieusement .
    Alors comme petit train du bonheur c’est pas ça !!

    Mais c’est un évènement qui te touche de près ,je comprends ta situation ,tu n’es ni kon ni balourd ( comme tu le dis ) mais c’est tellement lourd à vivre au quotidien .
    Mais tu es super et présent auprès de ton amie V et ses p’tits -bouts ça na pas de prix Mariuss .Bon courage mais tu en as .
    A plus tard .Bisous
    Marie

  7. evelynej dit :

    Une histoire émouvante. Bel hommage.

    Bisous
    EvelyneJ

  8. mariuss dit :

    Francis > merci

  9. mariuss dit :

    farandoles > C’était pas un accident.
    Et je lutte de toutes mes forces pour que ce petit train redevienne le train du bonheur. Tu vois, c’est en fait mon troisième voeu, ou plutôt le premier par ordre de priorité.

  10. mariuss dit :

    EvelyneJ > la partie passée de l’histoire je peux rien, c’était avant que je monte dans le train.
    La suite du voyage j’essaye de faire ce que je peux, mais en tant que conducteur j’ai aussi mon propre train à conduire et ce n’est déjà pas trop simple, mais j’ai confiance et j’essaye.

  11. eurekasophie dit :

    Bonjour Marius, c’est un bonjour bien triste que je t’adresse.
    Cette histoire me chamboule. La mort d’un enfant est quelque chose de terrible, cela paraît injuste.
    Petit ange qui s’en est allé.
    Courage mon ami, je sais que tu en as. Prends soin de toi et surtout de ton amie V .
    Bisou
    Sophie

  12. mariuss dit :

    Sophie > Non, adulte. Les enfants sont restés. Et, triste, oui, mais je m’emploie à ce que cela le reste le moins possible.

  13. eurekasophie dit :

    Excuse Marius, ce matin, je suis complètement à côté de la plaque.
    Oui effectivement, maintenant je me souviens de cette maman veuve avec des bambins que tu aidais de ton mieux.
    Décidemment, je vais faire comme Marie, je vais reprendre une grande tasse de café.
    N’ai crainte de laisser paraître ta peine, les larmes sont parfois salvatrices .
    A toi mon ami
    Bises
    Sophie

  14. mariuss dit :

    Sophie > que je continue à aider, y compris en fin d’après-midi dans deux heures. Mais hier pas de coup de blues, simplement la notion de train du bonheur est très relative pour moi. Le bonheur n’est qu’un instant qui ne dure jamais longtemps, et là dans l’urgence du défi, je n’ai pu que produire ce texte que j’avais écrit, avec visée thérapeutique, il y a déjà plusieurs mois.

    Merci de tes bises.

  15. Elouine dit :

    rah marius ! c’est quoi cette mine toute triste que j’ai maintenant ?? tu m’as touché, c’est malin !

  16. simboubou dit :

    Des erreurs d’aiguillage, des déraillages, des accidents ferroriaires d etoutes sortes jalonnent hélas notre quotidien! La tôle froissée, c’est rien, mais les coeurs brisés, cabossés, c’est long à réparer!
    Le prochain train du bohneur sera différent, les rails seront un peu mieux boulonnés, la locomotive , un peu plus expérimentée, les chefs de gare, un peu plus aguerris et les passagers, un peu plus apaisés.
    Le voyage se poursuit
    Bonne route .. ou plutôt  » bons rails  » si je peux me permettre
    Tân

  17. mariuss dit :

    Elouine > c’est normal j’ai conçu mon texte pour désamorcer, faire son deuil comme on dit maintenant dans les zaides espichologiques.

  18. mariuss dit :

    Simboubou > Je sais, il est moyen comme train du bonheur, mais il a véhiculé aussi le bonheur mon train et je ne désespère pas qu’il rejoue un jour ce rôle.

  19. madamejeboude dit :

    :) et pis c’est tout.

  20. mariuss dit :

    Mmejeboude > Ben, non, c’est pas tout, je continue à aider ma jeune amie lorsqu’elle a un coup dur

  21. laurearnoux dit :

    Et bien merci de ton passage marius
    je reviens sur l’ histoire du train qui est si touchante
    sans doute réelle en partie le doudou flocon est sans doute resté dans un wagon
    pour l’ autre histoire de train tu fais fort et preuve d’ imagination dis moi
    allez tu n’ a pas un truc pour soigner mon mal de gorge et mes oreilles en feu
    big *****s lorette
    a plus tard bonne semaine avec de la pluie chez nous !

  22. mariuss dit :

    Lorette > vui, c’est une histoire romancée mais mon imagination n’a consisté qu’à transposer dans le train de la vie, si souvent très rude. Pour le mal de gorge, ben les gentilles infusions avec du miel de nos régions. *****x à toi aussi.

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