le petit chemin 1

Ce petit chemin est tout ce qui reste de l’ancien chemin vicinal

qui allait du village à la Leccia (prononcer « la létchia »), il servait aussi de chemin d’entretien du canal d’irrigation du temps où c’était un canal avec de l’eau dedans pour irriguer les prairies de fauche. Il a disparu ce chemin, et ne mène plus nulle part puisqu’il n’a pas de début, et pas de fin, débouchant chaque fois sur un talus de plusieurs mètres de haut, suite au tracé de la piste forestière. C’est devenu notre chemin : il n’est plus emprunté que par les sangliers, le chevreuil, les écureuils, le blaireau et quelques chasseurs , le lézard vert, les lérots, les vipères. Il nous a fallu trois ans pour le rouvrir de bout en bout malgré les broussailles, les rochers éboulés, les arbres abattus.

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Les 40 premiers mètres du début
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Perché à 4 m au dessus de la piste, dont seuls le blaireau et les écureuils peuvent survenir en trois bonds, en corniche sur le rocher couvert de thym et de genêt cendré, débute le chemin, qu’il faut que je remette en état car plusieurs grosses pierres se sont éboulées. Ya ka les remonter, yaka…, les fixer, refaire les 3 mètres abimés de chemin qui, derrière vous vient buter contre la base infranchissable de la falaise où nichent les nombreuses hirondelles et le faucon crécerelle. (à gauche, la piste, où je gare la voiture, et là-bas à 100 m, ma grange) Avançons un peu…

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Des buis, du genêt cendré que je taille tous les deux ans, ce coude où pousse sur le chemin un joli lin blanc qui fleurira dans un mois (tout est photographié début mai) nous éloigne de l’éboulis vif et du rocher.

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Toujours en corniche à 6 m au dessus de la piste (à gauche, ne se voit pas sur la photo) 20 mètres ombragés par noisetiers et tilleuls, tandis que la partie droite est un peu piquante, à cause des nombreux genévriers Cade, qui s’écroulent en longues branches au ras du sol. Lieu de prédilection du chevreuil que je vois souvent brouter ici, depuis la grange. Les cailloux au centre sous l’ombre de la cépée de tilleuls, ce sont toutes les très grosses pierres que je monte à dos d’homme par le petit escalier depuis la piste, 8 m en contrebas. Crevé, je les jette au débouché de l’escalier. Elles s’accumulent là jusqu’à ce que je les utilise, parfois plus de deux ans. Au début je les laissais sur la piste, mais depuis que j’ai vu des touristes marseillais en 4×4 s’arrêter et me piquer les plus belles malgré ma gueulante, je les monte.

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Le petit escalier, que patiemment, marche après marche j’améliore, depuis 5 ans, c’est juste le sommet, il y en a cinq fois çà, c’est pas sur le chemin, c’est l’accès principal à notre grange et le seul accès au petit chemin. Au départ, simple coulée pour le chevreuil et sente improbable une fois par an pour un chasseur, j’ai amélioré, sur les indications téléphoniques du vendeur qui précisait « on y monte par le mauvais sentier« , mais il y a un gros défaut, ce n’est pas chez moi. Bah, comme c’est le seul moyen de monter les 7-8 mètres de dénivelé entre la piste et le vicinal, je me dis que c’est public. La municipalité pourra toujours refaire un accès si elle le juge nécessaire, à l’amiable avec le propriétaire (que je sais pas qui c’est). La rampe est plus morale que solide. Sur chaque marche à l’automne poussent des lactaires blancs, secs et immangeables et des cèpes baveux mangeables. Un lézard a élu domicile sous ces pierres qu’on devine au sommet de l’escalier. Reprenez votre souffle, on a le temps.

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De l’escalier à notre grange, encore 50 mètres

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C’est au soleil et tout plat, la table c’est celle des repas d’été, le merdier derrière c’est une partie de mon stock de bois, et sous la table la base des perches de noisetiers stockées là en attendant que je les coupe. A gauche monte un cheminement de chevreuil et de chasseur vers le canal d’irrigation situé ici à plusieurs mètres au dessus du chemin vicinal.

Et… mais, chuuut !…. à gauche ce talus herbeux qui s’enfonce sous les noisetiers et les buis, c’est un de nos coins secrets à morilles…
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Depuis l’arrivée de l’eau près de la table et du tas de bois de la photo précédente (j’ai tiré 150 mètres de tuyau noir depuis la source, en passant dans l’ancien canal d’irrigation), le chemin est caché, très sympa pour déboucher sur notre grange. C’est là que je coupe le bois en petits morceaux. A la main pour le buis, à la tronçonneuse pour le reste. L’hiver on y accroche des boules de graisse pour les mésanges dans les branches du pin qui cache la toiture au bout de la perspective. A cet endroit, le chemin vicinal traverse nos prés de fauche, une planche de prairie de fauche en dessous à gauche et une autre au dessus à droite.

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A droite ma grange, à gauche dans le rocher l’entrée de ma grotte, ou l’inverse, droite gauche, je confonds toujours (je suis petit). Au centre de la photo, derrière les buis au fond, accès à nos deux autres prairies de fauche, où il y a la mangeoire pour les mésanges. Et la douche solaire l’été. séparateur horizontal

Le chemin creux qui monte à la source
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Retournez-vous, pour un dernier regard vers la grange, vous voyez le début du chemin creux qu’il va vous falloir gravir sous le soleil. Pas très long, 70 m, mais ça monte… Heureusement c’est complètement ombragé.
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Entamons cette montée. Au printemps en début avril c’est plein de violettes. A gauche sous l’épicéa une de mes réserves de bois coupé, on voit pas bien. A droite, le rocher, et deux mètres au dessus, taillé dans le rocher, le canal d’irrigation. Depuis ma grange, enfin le canal et le chemin vicinal suivent le même tracé, même si, de fait, le chemin est deux mètres plus bas.

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Sous les noisetiers, églantiers, amélanchiers et buis, nous montons lentement, mais c’est dur. Lors des orages, le chemin creux devient un ruisseau chargé d’eau, de feuilles et d’aiguilles de pins. Ce chemin constitue la limite nord de notre terrain, depuis la grange jusqu’à la source. A gauche,en contrebas se situe ma plus haute planche de pré de fauche, que Tine désire laisser très boisée.

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Malgré le débroussaillage et la taille-entretien tous les deux ans, il reste des obstacles. un pin a poussé en plein milieu du chemin. Je l’ai laissé, pourquoi pas, il ne m’a rien fait ce pin, et il est pas chez nous. Pis il fait de l’ombre dans la montée.

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A partir du pin qui pousse au milieu du chemin, on découvre un autre obstacle : un rocher d’environ 300 kg, qui à roulé depuis le tout petit éboulis en automne 2008, trop gros pour le déplacer, mes amis chasseurs sont venus m’aider on y est pas arrivé. Alors, de temps en temps, je monte avec un burin et une masse et je l’attaque un peu. J’en ai eu un quart environ. je m’avoue pas battu. A 150 kg, avec la barre à mine, je le basculerai sur la base de l’éboulis à droite, où il servira d’arrêt pour d’éventuels copains à lui. en attendant, on fait un petit détour. Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit

Passé le rocher éboulé, cela monte moins et c’est plus ombragé, plus frais, on a maintenant rejoint le niveau du canal d’irrigation qui suit tout du long le chemin (on voit centre droit la gaine orange de mon tuyau d’amenée d’eau posé dans le canal en attendant que je l’enterre.

Comme c’est frais, c’est plein d’ancolies noires et d’orchidées. Au centre exact de l’image, dans le trou d’ombre, la source.

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 De la source aux Terres Jaunes qui ravinent
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La captage qui passe derrière le mur que j’ai bâti, au centre il reste une vanne avec robinet pour l’éventuel passant. A gauche, les trois captages se rejoignent (c’est enterré) et à droite en bas, les petites pierres bloquent des planches de mélèzes sur la cuvette abreuvoir que je dois terminer d’aménager pour les oiseaux et les autres animaux. Avant c’était la pataugeoire du chemin qui jouait ce rôle. Ma cuvette est finie mais pas complètement étanche, je m’en occuperai cet automne.

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La zone de sources : il y avait trois suintements, le plus gros donnant 8 litres à l’heure. J’ai aménagé cet ensemble pleins de touradons de carex, très frais, en captant les suintements dans des petites cuvettes enterrées, et je dispose maintenant d’environ 50 litres à l’heure en période de sécheresse estivale fin août, et plus de 400 litres à l’heure au mois d’avril.

Les bêtes viennent y boire.
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Vu depuis la zone de la source, devant vous le chemin, et à sa droite, le canal d’irrigation bordé par les grosses pierres. En plein milieu un rocher de plusieurs tonnes basculé là il y a des années et des années, obstruant le chemin en même temps qu’un fatras de troncs d’arbres énormes entrainés par le rocher. A force de ténacité, les arbres ont fini dans mon bucher, et j’ai réussi à rouvrir le chemin au prix d’un petit détour. Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit

Cet endroit plat (c’est maintenant plat jusqu’au bout du chemin), me sert de carrière car il y a beaucoup de pierres tombées d’au dessus, avant que la végétation ne colonise le talus à droite. Au bout au fond, l’éperon boisé.
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Retournez-vous sur le talweg pentu fouillis qui constitue la limite ouest de notre terrain. Au delà des arbres de premier plan, tout le vert au fond constitue notre forêt à nous. Ce coin, on laisse totalement sauvage

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L’éperon boisé juste avant les Terres Jaunes. Très ombragé. un poste d’affût des bêtes formidable, mais je n’y ai jamais rien vu à part le geai et les écureuils.

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Le passage le plus délicat du chemin : équilibre et vipère garantis, pierre qui roulent sous le pied en prime : ce sont les « Terres Jaunes ». Ca passe encore bien, mais tous les ans le chemin perd deux ou trois cm, comme il ne mesure plus que 5 cm de large, va falloir que je m’y attelle.

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Impressionnant cet endroit où l’érosion joue à plein à chaque pluie. Comme je l’ai dit, le chemin n’y mesure plus que 5 cm de large dans ces roubines jaunes qui surplombent maintenant de 50 m de dénivelé la piste qui apparait en contrebas. Un véritable toboggan à 60° de pente. J’ai essayé d’y descendre pour aller y ficher de vieux bâtons de ski servant de support à des troncs pourris pour que la terre s’y accumule et que des buis et des genêts se réimplantent, mais faut la perforatrice pour planter une ferraille, la masse ne suffit pas. En plus, cela fait deux fois que j’y rencontre une adorable petite vipère exactement de la couleur de la roche qui y prend le soleil. j’ai rien contre, mais la première fois cela m’a surpris, j’ai sursauté, j’ai manqué rouler jusqu’en bas. C’est l’endroit où il va falloir que j’intervienne en priorité pour améliorer ce chemin. L’hiver, avec la neige (bon déjà ya plus la vipère, elle hiverne) c’est glissant casse-gueule !

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à suivre

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Séquence frisson : belle vipère aspic adulte comme cadeau de la fête des momaanns… D’habitude elles ont plutôt la taille de mon Laguiole. Au fait comment je vais récupérer le Laguiole qui a servi d’échelle pour la photo ? Ben, easy avec les mains (ce n’est pas la première fois que j’en attrape une de vipère, à l’époque je fournissais le Muséum pour leurs études sur le venin. C’est mon prof de géol’ qui m’avait appris et à toute la classe en 4°. Lol. De toute façon, celle là : 1. Elle est lente car elle digère une souris (d’où son embonpoint) 2. Elle est morte, lol, un animal lui a foutu un coup de dent sur le crane (hérisson ?)

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5 commentaires

  1. josy29 dit :

    J’ai parcouru mais pas tout lu!
    je reviendrai!
    ce petit chemin est reposant vraiment.
    bisous

  2. mariuss dit :

    Josy > C’est en effet un havre de paix. Heureusement j’en ai plusieurs où me réfugier avec Tine lors des petites fatigues

  3. kiri dit :

    Tines a dit que je pouvais venir me réfugier làbas aussi parceque je suis hyper fatiguée ! et Tine a dit que s’était gratuit et que tu payais tout :)
    trêve de plaisanterie superbes photos !
    à bientôt et reposes toi bien !
    ______________________________________
    C’est totalement possible, mais attention, pas d’internet… Pour ce qui est des frais, un invité ou une invitée est invité. C’est un principe.
    Non, j’arrive pas à gérer les contrastes de sous-bois, en plus il y avait déjà des nuages qui montaient vers 11 h donc lumière moyenne pour la montagne.
    Là-haut, je me repose toujours, et en plus on dort très bien.

  4. farandoles dit :

    Je suis épuisée par le parcours ( sourire ) mais que c’est beau ,c’est le rêve un endroit comme celui-ci
    comme je vous comprends Tine et toi Mariuss d’ avoir un havre de paix en pleine brousse ( sourire ) j’ai bien regardé partout pendant mon ascension pas de fauves , éléphants ou même ma coupine la girafe ( rire )

    Mais alors les vipères j’ai zieuté ou je mettais les pieds ( sourire jaune ).
    Tu es ami avec des  » chasseurs  » ?!?!? je n’aime pas les chasseurs :-(
    L’escalier est une petite merveille j’adore .

    Vraiment votre grange de chez les loups est un endroit extraordinaire ,félicitations .

    Je vais prendre un p’tit coup de flotte à ma gourde ( rire ) Merci Mariuss pour ce partage siouper .

    Bisous

    Marie toute contente :-D
    __________________________________________
    Non, non, ni pachyderme ni boa.
    Les vipères sont petites mais difficiles à voir quand on n’en a jamais vu. Mais pas dangereuses, pis on a toujours un aspivenin sur place. C’est le B. A. BA en montagne.

    Les chasseurs ? ils sont très gentils, très serviables, pas viandards du tout et bien plus écolos que beaucoup de bobos verts de la ville. C’est pas passe que je chasse pas et qu’il y a des cons, que tous sont à mettre dans le même panier.

    Pour l’eau, j’ai pas fait analyser, mais les gens en dessous à 1km la boivent.
    L’escalier est encore un peu bricolo. Mais comme il est pas chez moi, j’y travaille pas trop. Juste que ma momann se casse pas trop la margoulette dedans.
    Bisoux

  5. paty dit :

    Donnerais 10 ans de ma vie moi pour vivre là-bas…………..
    _______________________________
    Si tu rajoutes trop d’années ce sera avec déambulateur, or tu as remarqué que c’est pas un coin fait pour les déambulateurs,je suppose ?

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